[Test] Imprimante 3D résine Photocentric Liquid Crystal High-Res (LCHR)

Par le 01/17/2018 dans Review
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Note : les commentaires et opinions exprimés dans cet article sont le résultat de notre expérience (limitée !) avec le produit. Comme toujours, nous essayons de donner un maximum d’éléments de contexte pour expliquer comment nous avons pu tester ce produit. Nous nous efforçons d’être aussi objectifs que possible et n’avons reçu aucun paiement ou avantage d’aucune sorte pour écrire cet article. Photocentric Ltd nous a gratuitement prêté une imprimante 3D Liquid Crystal High-Res, que nous leur avons rendu une fois notre test achevé.

Marque Photocentric
Modèle Liquid Crystal High-Res
Prix 1 599 £
Note 3.4/5

INTRODUCTION

Le fabricant : Photocentric

Aujourd’hui, nous testons la Liquid Crystal High-Res (LCHR) produite par Photocentric Ltd, un fabricant originaire du Royaume-Uni. Photocentric a tout d’abord commercialisé des polymères pour la fabrication de tampons, ainsi qu’une machine réservée à cet usage, la imagepac. L’entreprise a désormais également des bureaux aux Etats-Unis.

Photocentric a commencé à produire des photopolymères en 2005 et 2006. Cependant, le fabricant n’a pleinement intégré le marché de l’impression 3D qu’en début 2016. Depuis lors, l’équipe de Photocentric a gagné plusieurs prix d’innovation. En effet, leur technologie brevetée DPP (Daylight Polymer Printing) est inédite, bien que similaire à la technologie d’impression 3D DLP.

Contrairement à d’autres imprimantes 3D résine, qui utilisent un projecteur ou laser pour durcir la résine, les Liquid Crystal utilisent un écran LCD pour solidifier le matériau. Ce processus est possible grâce à la résine hautement photo-sensible de Photocentric, dont la solidification requiert moins d’énergie. Les imprimantes 3D SLA et DLP utilisent, elles, de la résine UV.

L’imprimante 3D : Liquid Crystal High-Resolution (LCHR)

La Photocentric Liquid Crystal HR, ou LC HR, est une imprimante 3D résine destinée aux professionnels, mais son prix abordable de 1 599 £ (environ 1 800 €) la rend également accessible aux utilisateurs avancés. Il est cependant important de souligner qu’un espace dédié avec une bonne ventilation est nécessaire. En effet, les vapeurs dégagées par la résine sont non seulement malodorantes, mais également toxiques.

Nous avons rencontré quelques difficultés durant notre test de la Photocentric Liquid Crystal HR. Il est vrai qu’il s’agissait de notre premier test d’une imprimante 3D résine. Cependant, selon nous, la plupart de ces difficultés n’étaient pas liées à notre manque de pratique avec les imprimantes 3D DLP. Par ailleurs, seule une petite bouteille de résine (250 g) nous a été fournie, ce qui nous a empêché de réaliser davantage d’impressions 3D avec la LC HR.

Rappels à propos de l’impression 3D résine

L’impression 3D résine est très différente de l’impression 3D à extrusion. Voici les points importants à garder en tête pour ce test :

  • L’impression 3D résine est généralement beaucoup plus lente que l’impression 3D FFF (bien que les DLP/LCD soient plus rapides si l’on utilise leur volume d’impression en entier).
  • La technologie SLA/DLP offre un plus grand niveau de détail et de précision que l’extrusion.
  • Le post-traitement (solidification) est obligatoire pour que les objets imprimés en 3D avec de la résine puissent se solidifier convenablement.
  • Les utilisateurs doivent suivre certaines consignes de sécurité pour manipuler la résine, et leurs impressions 3D doivent être réalisées dans un environnement dédié.

PACKAGING

Note du packaging : 4.5/5

Apres confirmation par Photocentric que la LC HR avait bien été envoyée, le colis est arrivé rapidement à notre bureau de Phnom Penh (Cambodge). La boîte est très grande et assez lourde. Heureusement, notre laboratoire de test d’imprimantes 3D se trouve au rez-de-chaussée !

  • Unboxing

Deux petites boîtes se trouvent à l’intérieur d’une grande boîte en carton. L’une des boîtes contient les accessoires, l’autre l’imprimante 3D. De plus, des coins en polystyrène permettent de maintenir la LC HR en place pendant le trajet de livraison.

Unboxing de l'imprimante 3D résine Liquid Crystal High-Res.

Le grand carton principal pour la LC HR.

Unboxing de l'imprimante 3D résine Liquid Crystal High-Res.

Ouverture du second grand carton contenant l’imprimante 3D résine.

Unboxing de l'imprimante 3D résine Liquid Crystal High-Res.

L’imprimante 3D Liquid Crystal High-Res, soigneusement emballée.

Photocentric inclut deux checklists, ce qui montre qu’ils vérifient deux fois leurs colis pour s’assurer que rien ne manque. Une note “QC pass” se trouve sur l’écran tactile ; cela suggère que l’imprimante 3D a été soumise à un contrôle qualité avant envoi.

  • Mode d’emploi

L’imprimante 3D Photocentric LC HR est livrée avec un petit manuel décrivant les étapes à suivre avant de lancer une impression 3D résine. Ce manuel est agréable à lire, professionnel et les instructions sont claires.

Cependant, cette version imprimée est moins approfondie que la version en ligne disponible sur le site de Photocentric. L’objectif du manuel imprimé est probablement d’aller droit au but (après tout, il s’agit d’un Quick Guide), mais une version complète imprimée aurait été appréciable.

Les vidéos YouTube de Photocentric representent elles aussi une source d’information importante. Nous recommandons vivement de les regarder avant de déballer l’imprimante 3D.

  • Accessoires

Les objets suivants se trouvent dans le carton d’accessoires :

  • Plateforme d’impression, avec deux boulons pour la maintenir
  • Quick Guide (mode d’emploi)
  • Fiche de sécurité
  • Petite spatule/racloir
  • Alimentation électrique et adaptateur
  • Adaptateur TP-LINK Wi-Fi Nano USB (150 Mbps/2.4 GHz)
  • Entonnoir avec quatre filtres/passoires en papier pour récupérer la résine restante
  • Petites clés Allen pour les vis du bac à résine
  • Paire de gants en caoutchouc
  • Plusieurs films/pellicules de rechange pour le bac
  • Échantillon test d’une bague imprimée en 3D (même si déjà cassée à la livraison)
  • Petite bouteille de résine jaune
Accessoires inclus avec la Liquid Crystal HR.

Accessoires inclus avec la Liquid Crystal HR.

Le racloir s’avère très utile lors de la phase de retrait de l’impression 3D, car la résine n’est pas encore complètement solidifiée. Manipuler l’objet à la main peut donc l’abîmer. Durant l’une de nos impressions 3D de bagues test, nous n’avons pas utilisé la raclette ; bien que nous n’ayons exercé qu’une très légère pression sur la bague pour la retirer, une marque de doigt y reste visible.

MISE EN ROUTE

Note de la mise en route : 4.4/5

  • Logiciel : 3.9/5

Le fabricant fournit une licence pour le logiciel de slicing CreationWorkshop de Envison Lab, téléchargeable sur le site Internet de Photocentric. Le numéro de la licence, requis pour enregistrer le logiciel, se situe sur le dessous de la Liquid Crystal HR. Puisque l’imprimante 3D est relativement lourde, l’emplacement de ce numéro est un peu difficile d’accès.

Le logiciel PrintFlow pour l’impression 3D en réseau, ainsi que l’interface de l’écran tactile, sont à la fois intuitifs et faciles d’utilisation. Quoiqu’ils soient supposés être compatibles avec Windows, Linux et Mac, nous ne sommes pas parvenus à le faire fonctionner sur nos MacBooks. En effet, une fenêtre PrintFlow s’ouvre pendant quelques secondes, puis se referme aussitôt.

Note : lors de la rédaction de ce test, nous avons re-vérifié le manuel utilisateur. Il semble que la LC HR doive être allumée pour que PrintFlow puisse fonctionner. Dans un premier temps, notre but était de tester le logiciel sans forcément lancer d’impression 3D (du moins au début). En tout cas, pour ce genre de situation, un message devrait apparaître, en indiquant par exemple “Pas d’imprimante 3D détectée, réessayez”.

  • L’imprimante 3D : 4.8/5

Nous avons été agréablement surpris par la taille massive de la Liquid Crystal HR. Elle est plus grande que ce à quoi on pourrait s’attendre ! La structure en plastique noir est moderne et élégante – cela donne un aspect professionnel à l’imprimante 3D.

Un couvercle plastique rouge et transparent repose sur la base de l’imprimante 3D résine LC HR. Cette structure empêche la résine de durcir à la lumière ambiante. Un petit bouton en bas de l’imprimante 3D peut détecter si le couvercle est bien en place. Si ce n’est pas le cas, la plateforme d’impression de la LC HR reste immobile et l’impression 3D ne peut pas être lancée.

L'imprimante 3D Photocentric Liquid Crystal HR.

L’imprimante 3D Photocentric Liquid Crystal HR.

Sur le devant de la Liquid Crystal HR se trouve un écran tactile. L’interface PrintFlow, très colorée, est intuitive et permet de facilement naviguer les menus. Un bouton de marche, pour allumer l’écran LCD (celui qui solidifie la résine), est également situé sur le devant de l’imprimante, ainsi qu’un port USB.

À l’arrière de l’imprimante 3D, on peut voir l’interrupteur principal, l’entrée d’alimentation et un autre port USB pour l’adaptateur Wi-Fi. Il y a également un port Ethernet et le conduit d’aération du ventilateur.

  • Mise en route : 4.5/5

Cette imprimante 3D ne requiert aucun assemblage, à l’exception des quatre pieds de la base à être vissés par l’utilisateur (nous avons eu besoin d’une clé anglaise). La plateforme d’impression doit également être manipulée, mais il ne s’agit pas réellement d’assemblage car, de toute façon, elle doit être retirée après chaque impression 3D.

La plateforme d'impression 3D de la Photocentric Liquid Crystal HR.

La plateforme d’impression de la Photocentric Liquid Crystal HR.

Un gros boulon rond se trouve sur le dessus de la plateforme d’impression, il sert à attacher cette dernière au “bras” de l’imprimante 3D. Il doit être solidement vissé. La plateforme d’impression a deux autres boulons de chaque côté. Dans un premier temps, ils doivent être vissés de façon assez lâche, afin de laisser place au processus de homing (plus de détails ci-dessous).

Après ces étapes d’assemblage basiques, nous pouvons allumer l’imprimante 3D grâce au bouton marche à l’arrière. Il faut compter environ une minute pour le démarrage du système interne de la LC HR.

Processus de homing

Le terme homing renvoie à la calibration de la plateforme d’impression, tiré du mot anglais home signifiant maison. Homing signifie donc, en quelque sorte, “ramener la plateforme à la maison”, la maison étant représentée par l’écran LCD de la base. Le homing est comparable à la mise à niveau du lit d’impression pour les imprimantes 3D à extrusion.

Pour lancer la procédure de homing, il suffit d’appuyer sur un bouton situé sur l’écran tactile, ce qui abaisse la plateforme d’impression. Elle s’aligne alors à plat sur l’écran LCD (qui est d’ailleurs recouvert d’une protection plastique).

Après cela, il faut simplement appuyer avec force sur une moitié de la plateforme, visser fermement le boulon de ce même côté, puis recommencer pour l’autre moitié. Cette étape manuelle est très importante pour le bon déroulement des impressions 3D.

Il est un peu difficile de se rendre compte à quel moment la calibration est correcte, car les instructions sont un peu vagues. Les utilisateurs doivent appuyer fortement pour abaisser la plateforme d’impression, et des “coins blancs” doivent apparaître à ce moment-là.

Remplir le bac à résine

Afin de pouvoir remplir le bac avec la résine liquide, nous devons d’abord élever la plateforme d’impression de 10 mm.

Note : la plateforme d’impression ne peut se déplacer uniquement lorsque le capot se trouve sur la base. Pour contourner cette “contrainte”, les utilisateurs peuvent appuyer en continu sur l’interrupteur. Cela évite de mettre et remettre le boîtier amovible rouge plusieurs fois d’affilée.

Après cela, nous pouvons verser la résine dans le bac. Pour la plupart des objets à imprimer en 3D, Photocentric recommande de remplir environ ⅓ du bac. Notons que ledit bac n’inclut pas les parois de plastique rouge.

La résine est versée dans le bac de la LC HR.

Versement de la résine dans le bac de la LC HR.

Ensuite, la plateforme d’impression doit être ramenée sur la base. Nous pouvons soit l’abaisser de 10 mm (étant donné que nous l’avions d’abord élevée de 10 mm), soit appuyer sur la touche homing. Puisque ce déplacement fait bouger la résine, il faut attendre quelques minutes pour que le liquide se stabilise avant de lancer l’impression 3D.

Lancer une impression 3D

Pour notre première impression 3D avec la Liquid Crystal High-Res, nous avons fait le choix de tester le fichier d’une bague, fourni par Photocentric. Le fichier test est préchargé sur l’interface de l’imprimante 3D ; il est très simple à trouver. Apres avoir effectué le homing et rempli le bac de résine, nous avons juste à appuyer sur la touche print, et c’est parti !

La LC HR prend un moment pour traiter le fichier de l’objet à imprimer en 3D. Elle calcule la durée totale de l’impression 3D, et informe les utilisateurs de son statut et de son taux de progression. Ces données incluent le temps écoulé, le nombre de couches déjà imprimées versus le nombre total de couches, ainsi que le temps restant.

Au début, l’écran affiche une “durée d’impression restante” très élevée, qui peut aller jusqu’à plusieurs jours – même pour un objet de petite taille. Heureusement, ce temps diminue jusqu’à une estimation plutôt précise au bout d’environ trente minutes.

En résumé, mettre la LC HR en route est un processus simple et intuitif.

EXPERIENCE

Note de l’expérience : 3.3/5

  • Logiciel : 3.7/5

Slicer

Comme mentionné plus haut, la Photocentric Liquid Crystal HR est livrée avec une licence CreationWorkshop (CW). Ce logiciel de slicing est plus ou moins intuitif et présente différents paramètres que les utilisateurs peuvent ajuster. CW peut néanmoins s’avérer un peu complexe pour les débutants en impression 3D.

Screenshot du logiciel CreationWorkshop.

Screenshot du logiciel CreationWorkshop.

Photocentric précise que le logiciel Nano DLP pourrait également être compatible, mais ne donne pas davantage d’informations à ce sujet.

Interface

L’interface du logiciel PrintFlow sur l’écran tactile de la Liquid Crystal High-Res est facile d’utilisation. Ses menus au design moderne offrent une navigation claire et simple.

L'interface de l'écran tactile de la LC HR's.

L’interface de l’écran tactile de la LC HR’s.

PrintFlow est également téléchargeable sous Windows, Mac et Linux, afin de se connecter à l’imprimante 3D via la Wi-Fi. Nous ne sommes cependant pas parvenus à le faire fonctionner sur notre ordinateur. Selon nous, il s’agissait d’un problème lié au logiciel, alors qu’en réalité, l’imprimante 3D doit être allumée pour que le logiciel marche. Nous n’avions pas pensé à allumer la LC HR ; à ce moment-là, notre but était juste d’avoir un aperçu de la configuration du logiciel, sans pour autant lancer une impression 3D.

Étant donné la facilité d’utilisation de l’interface PrintFlow sur la LC HR, nous supposons que la version pour ordinateur est tout aussi intuitive.

  • Impression 3D : 2.5/5

Il est complexe de donner une note à l’impression 3D de la LC HR. D’un certain côté, nous avons eu du mal à obtenir des impressions 3D réussies, mais d’un autre côté, le résultat du fichier test d’une pièce d’échec était impressionnant.

Problèmes rencontrés

L’un des problèmes que nous avons rencontré à plusieurs reprises était le manque d’adhésion de la plateforme – les objets se détachaient et tombaient en pleine impression. Étant donné que cette imprimante 3D imprime les modèles à l’envers, une bonne adhésion au plateau d’impression est cruciale. Après leur avoir fait part du problème, l’équipe technique de Photocentric nous a conseillé de poncer la plateforme d’impression pour plus d’adhésion.

Cela nous a un peu aidé, mais nous avons également rencontré le problème après le ponçage. Puisque la LC HR n’est pas une simple imprimante 3D pas chère en kit, le fait de devoir poncer la plateforme était inattendu et assez agaçant.

En tout cas, il est frustrant de voir ses modèles tomber dans le bac au bout de quelques heures d’impression. Ça l’est d’autant plus lorsque l’on prend en compte toutes les étapes de nettoyage qu’implique chaque impression.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessous, l’un de nos modèles tests a été imprimé aplati. Dommage pour une Tour Eiffel ! L’équipe technique du fabricant a vérifié le fichier et nous a confirmé qu’il ne présentait aucun problème. Nous ignorons donc toujours d’où provient ce problème.

Le modèle de la Tour Eiffel est sorti aplati, trois fois.

Le modèle de la Tour Eiffel est sorti tout écrasé, trois fois.

De plus, comme toutes les résines imprimables en 3D, le matériau a une forte odeur chimique. Il était donc difficile pour nous de rester plus d’une douzaine de minutes dans la même pièce que la LC HR lors d’une impression 3D. En effet, la fiche de données de sécurité de Photocentric mentionne des risques pour la santé des utilisateurs : irritation et reactions allergiques de la peau, difficultés respiratoires et irritations oculaires sérieuses.

Nous avons également rencontré des difficultés avec les vis du bac, qui se faussaient facilement lorsque nous tentions de les dévisser.

Nettoyage

Quoique cela n’ait pas d’impact sur la qualité de l’impression 3D, le processus de nettoyage prend beaucoup de temps. Voici les étapes à suivre : 

  • Enlever le couvercle rouge, desserrer les boulons sur le côté pour pencher la plateforme d’impression, puis replacer le capot sur la LC HR. Ce procédé permet de laisser la résine s’égoutter dans le bac pendant quelques minutes.
  • Re-enlever le couvercle, desserrer le boulon du haut et retirer la plateforme d’impression pour la placer sur un journal ou des feuilles d‘essuie-tout. Rapidement remettre le couvercle rouge en place pour éviter que la résine restante ne durcisse.
  • Enlever l’objet imprimé en 3D à l’aide du racloir. Rincer l’objet avec de l’eau chaude et du liquide vaisselle. De même pour le plateau d’impression.
  • Placer l’objet dans une boîte en plastique ou en verre remplie d’eau savonneuse.
  • Enlever, encore une fois, le couvercle rouge pour sortir le bac. Verser la résine restante dans sa bouteille à l’aide d’un entonnoir et d’un filtre.
  • Nettoyer le bac avec une éponge et de l’essuie-tout. Il reste toujours de petits morceaux de résine solidifiée qui se collent au film. Par ailleurs, la résine se faufile évidemment dans les coins et entre les deux blocs qui maintiennent le film en place. Alors même que vous pensez avoir terminé, il y a toujours et encore de la résine quelque part. C’est vraiment pénible à nettoyer.
Ajustement de la plateforme d'impression afin que la résine s'égoutte pendant quelques minutes.

Ajustement de la plateforme d’impression afin que la résine s’égoutte pendant quelques minutes.

La résine restante est reversée dans la bouteille. Il y a des résidus de résine solidifiée sur le film du bac.

La résine restante est reversée dans la bouteille. Il y a des résidus de résine solidifiée sur le film du bac.

Bien que le processus devienne de plus en plus rapide et intuitif au fur et à mesure, le temps que cela prend est clairement à prendre en compte lorsque l’on planifie une impression 3D.

Film du bac

Concernant le système lié au film qui constitue le fond du bac (il n’y a pas de fond rigide en plastique), nous ne dirions pas qu’il est très efficient. Le film transparent tient en place grâce a environ vingt vis à tête hexagonale et doit être changé régulièrement.

Cela signifie tout d’abord que, pour changer le film, les utilisateurs doivent dévisser et revisser vingt vis. Ces dernières sont solidement fixées, et nous en avons involontairement faussé quelques-unes après de multiples tentatives de dévissage. Photocentric nous a envoyé un second bac ; nous avons alors été plus prudents avec la clé Allen, afin de ne plus fausser de vis.

Ensuite, comme mentionné plus haut, ce système engendre des fuites de résine sur l’écran LCD sous le bac ! C’est assez pénible, car cela ajoute une autre étape à un processus de nettoyage déjà long. Pour enlever la résine de l’écran LCD, Photocentric recommande d’utiliser le racloir, mais il faut alors faire attention à ne pas abîmer l’écran.

Fuite de résine sur l'écran LCD.

Fuite de résine sur l’écran LCD.

Post-traitement

Les objets en résine nécessitent certaines étapes de post-traitement avant d’atteindre leur forme finale. D’abord, il faut nettoyer l’objet à l’eau chaude, comme décrit plus haut.

Ensuite, les utilisateurs peuvent procéder au retrait des structures de support, puis au processus de solidification (curing). Juste après l’impression 3D, la résine polymérisée est en effet encore un peu molle. C’est la raison pour laquelle ce matériau nécessite un post-traitement pour la solidification. Cette solidification peut être effectuée de différentes façons, comme l’explique Photocentric dans son guide d’instructions :

  • Placer l’objet dans un conteneur rempli d’eau et de savon, et exposer le conteneur à la lumière du soleil ou d’une lampe pendant soixante minutes (ce que nous avons fait).
  • Placer l’objet dans une chambre à UV pendant 30 minutes (bien que sur la fiche produit de l’unité UV de Photocentric, une à deux heure soient conseillées).

Une unité de solidification UV est presque indispensable pour les utilisateurs professionnels, car cela assure une solidification résine optimale. Les professionnels doivent donc prendre en compte ce paramètre. Photocentric produit ses propres unités UV, au prix de 27 £ (environ 30 €).

  • Environnement d’impression 3D : 3.5/5

Nous ne nous trouvions jamais dans la même pièce que l’imprimante 3D pendant plus de dix minutes lors d’une impression 3D. Cependant, nous avons pu constater que la LC HR est une imprimante 3D plutôt silencieuse.

Un petit bruit se fait entendre à chaque fois que la plateforme d’impression se déplace vers le haut (pour créer une nouvelle couche), en plus du léger son émis par le ventilateur. Si la résine n’avait pas été un matériau toxique, nous aurions très bien pu passer la journée avec l’imprimante 3D à nos côtés, en remarquant à peine sa présence.

RESULTATS DES IMPRESSIONS 3D

Notes des impressions 3D : 2.8/5

Sur les sept impressions 3D lancées, seules trois ont été réussies, c’est-à-dire sans être aplaties et sans tomber de la plateforme. Parmi ces trois modèles, seulement l’un d’entre eux est d’une qualité réellement optimale.

1. Bague de test – 3.5/5

La bague de test constitue le fichier déjà préchargé dans l’imprimante 3D ; l’impression 3D prend environ six heures. Sur ce fichier, Photocentric a intentionnellement augmenté le temps de solidification par couche. Cela peut expliquer le manque de finesse dans les détails de cet objet (plusieurs trous sur le dessus de la bague sont bouchés). De plus, le guide utilisateur recommande de nettoyer les objets avec une brosse douce ou une éponge. Cependant, dans notre cas, ça n’a eu pour effet que de détériorer légèrement la qualité de nos impressions, même en brossant très légèrement. Photocentric nous a conseillé d’utiliser de l’IPA ou de l’alcool dénaturé, ce qui nous a un peu aidé.

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2. Tour Eiffel – o/5

Avec cette impression 3D, nous voulions tester la capacité de l’imprimante 3D à produire un haut niveau de détails. Malheureusement, après trois essais, nous n’avons pas réussi à obtenir de résultat convenable. L’impression 3D ressortait toujours aplatie ! L’équipe technique de Photocentric nous a confirmé que le fichier CWS etait correct ; il ne s’agissait donc pas d’un problème de slicing. Nous nous demandons toujours d’où vient le problème.

Le modèle de Tour Eiffel aplati.

Le modèle de Tour Eiffel aplati.

3. Tour d’échec – 4.8/5

Cette tour d’échec, dont l’impression dure environ dix heures, est réellement impressionnante. Les fines spirales à l’intérieur de la tour sont clairement visibles, et l’escalier est tout aussi détaillé. Nous avons laissé la pièce dans un conteneur rempli d’eau en extérieur, au soleil. La couleur jaune de la résine s’est changée en gris pendant quelques jours. Après avoir été exposée à la lumière du jour, la tour est finalement redevenue jaune.

Une impression réussie avec la LC HR.

Une impression réussie avec la LC HR.

Note : notre première impression 3D de cette tour d’échec a été un échec (sans jeu de mot). Il n’a pas adhéré à la plateforme d’impression et certaines couches semblaient être décalées.

RAPPORT QUALITE-PRIX

Note du rapport qualité-prix : 3/5

C’est une note difficile à attribuer, car nous sommes conscients du haut niveau de précision et de détail que la LC HR peut offrir. Cependant, nous n’avons obtenu ce genre de résultat qu’une seule fois sur sept essais. La quantité de résine qui nous a été fournie nous a laissé peu de marge de manoeuvre pour les ajustements. Nous n’avons pas effectuer d’autres tests.

Nous pensons que cette imprimante 3D, vendue au prix de 1 599 £ (environ 1 800 €), a un fort potentiel. Pour faire ressortir ce potentiel, les utilisateurs doivent y consacrer du temps. Il ne s’agit pas, en effet, d’une imprimante 3D plug-and-play, contrairement à ce que pourrait laisser penser son interface très simple d’utilisation.

Il est possible qu’une (potentielle) future version de la LC HR permette une meilleure expérience d’impression 3D. C’est le cas, par exemple, avec l’imprimante 3D Form 2 de Formlabs par rapport à la Form 1.

CONCLUSION

L’avis d’Aniwaa : 3.4/5

Coeff Note
Packaging 1 4.5/5
Mise en route 2 4.4/5
Expérience 2 3.3/5
Résultats 3D 2 2.8/5
Rapport qualité-prix 1 3/5
NOTE FINALE 3.4/5

AVANTAGES

  • Grande précision et haut niveau de détail
  • Interface utilisateur intuitive
  • Design moderne

LIMITES

La LC HR ne permet vraiment pas d’avoir une expérience d’impression 3D fluide et agréable :

  • Faible répétitivité, car elle dépend grandement du processus de homing assez “vague”
  • Le système de film au fond du bac, fixé avec des vis, n’est pas optimal et s’avère complexe à changer
  • Devoir poncer la plateforme d’impression pour une meilleure adhésion
  • Nécessite une pièce dédiée avec une très bonne ventilation (et idéalement, un contrôle sur l’exposition à la lumière, la température et l’hygrométrie)
  • Processus de nettoyage long et pénible, avec une exposition aux odeurs toxiques de résine

Conclusion générale

En conclusion, notre expérience avec la LC HR s’est avéré plutôt décevante, bien que nous soyons conscients de sa capacité à fournir des résultats impressionnants. Les utilisateurs peuvent obtenir de tels résultats que s’ils s’arment de patience. Ils doivent prendre du temps pour le nettoyage ou les tentatives d’impression 3D.

La LCHR est une alternative assez abordable aux imprimantes 3D résine professionnelles qui sont davantage haut de gamme, telle que la Formlabs Form 2.

Note : au prix de 3 299 $, la Form 2 est certes plus chère. Cependant, un kit pratique de nettoyage et de post-traitement est inclus. De plus, elle fonctionne avec des cartouches de résine. Cela permet aux utilisateurs d’éviter de manipuler la résine et le nettoyage associé. Formlabs produit également des unités de nettoyage spéciaux (499 $) et des chambres UV (699 $).

Dans la même gamme de prix que la LC HR, nous pensons qu’il existe d’autres imprimantes 3D, offrant soit une meilleure expérience d’impression 3D, soit un meilleur rapport qualité-prix. Par exemple, il y a de très bons retours sur la Wanhao Duplicator 7 (399 $) et la Peopoly Moai (1 200 $).

Notre expérience est davantage axée vers les imprimantes 3D à extrusion (FFF/FDM). Nous ne sommes pas des experts de l’impression 3D SLA/DLP. Il s’agit de notre premier test d’une imprimante 3D résine. Cela, nous le reconnaissons, peut être l’une des raisons pour laquelle nous avons rencontré de telles difficultés.

Cela dit, nous avons regardé les tutoriels de LC HR et lu le mode d’emploi fourni avant utilisation de la machine. De plus, nous avons demandé plusieurs fois conseil à Photocentric, et les avons tenu informés au fur et à mesure que nous rencontrions des problèmes. Ils étaient assez réactifs, mais ne nous ont pas fourni beaucoup de recommandations exploitables.

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